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Archives de Catégorie: Mes humeurs, bonnes et mauvaises…

Night heart…..

La nuit….
Ce moment si noir où la lumière se fait.
Cet instant unique où des soleils se lèvent…
Ce moment où, seul, tu penses, tu relis, tu revis, tu relies….
Cet instant si précieux quand tes yeux distinguent ce qu’ils n’avaient pas su voir, pas voulu croire….
Oui, la nuit, ce moment où cette flamme s’éteint ou se rallume à jamais, à tout jamais….
Oui, la nuit, moment où tout se gagne, se perd, se digère….
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Ma vieille amie, ma douce complice.
Elle me connait bien, la nuit.
Elle m’a vu, entendu, compris, souri, la nuit.
Elle sait ce qui se passe, ce qui se trame, qui fait que cet instant si rare ne se renouvellera jamais…
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Elle m’a souvent accompagné, dirigé, regardé, la nuit.
Dans ces virées nocturnes, mes refuges incertains, mes rencontres si étranges…
Dans mes soirées avec mes amis, mes complices, frères d’armes, compagnons d’âme.
 
Elle m’a protégé, la nuit.
M’entourant de ses lumières sombres, ses volutes, ses artifices.
Elle m’a caché ces choses si laides que je voulais oublier…
Me portant, m’inspirant, sur ces routes mal goudronnées, pleines d’excès, pleines de regrets.
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Des fois, elle ne veut pas que je dorme.
Des fois, elle ne veut pas que je sois, moi.
Des fois elle ne veut pas de moi.
Ma nuit me permet de comprendre, d’entendre, d’apprendre.
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Et si mes jours en sont plus difficiles, plus fatiguant, elle les rend si exaltants.
Oui, je l’aime ma nuit….
Elle qui m’apporte sa lumière, ma lumière…

 

JB

8 Mai 2017.

 

 

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A toi, le terroriste…..

Il faut que je te dise…                marianne pleurs

Oui, à toi, l’abruti qui rêve de prendre une arme et de tirer dans le tas.                                        

Oui, à toi l’abruti, qui veut tuer sans cesse, encore et encore, pour qu’on parle de toi.

Oui, à toi, l’abruti, qui n’est pas capable de vivre, qui ne comprend pas.

Alors, je vais employer des mots simples, faciles, que même toi risque d’entendre.

Alors je vais te parler sans te montrer ma colère, sans t’offrir ma haine. Ce serait te reconnaître une importance, une existence que tu ne mérites pas.

Depuis hier soir, tu es content de toi, de tes potes, du résultat. Tu te gargarises, tu te vantes, tu te tapes sur le ventre, tu parles fort, si fort, trop fort. Tu parles de ce dieu que tu as voulu t’approprier, te façonner, t’inventer.

Tu ne te rends pas compte ? Tu ne comprends donc pas ?

Tu regardes tous ces corps, tous ces gens qui pleurent, tous ces gens qui ont peur, et tu te dis que tu as gagné…. Vraiment, tu es encore plus idiot que ce que je croyais…..

Tu as perdu, abruti, tu as perdu…..

Oui, Paris est vide aujourd’hui, oui nous pleurons, oui nous avons peur….Mais tu n’as donc rien vu hier soir ? Aujourd’hui ? Attends, je t’explique…

Dès que tu as balancé tes bombes, tes cartouches, tous se sont mobilisés, se sont unis, chacun comme il pouvait, comme il savait… Parfois juste en prenant des nouvelles d’un vieil ami parisien….

Dès que tu as balancé tes bombes, tes cartouches, les infirmiers et médecins de repos sont venus dans les hôpitaux, les chauffeurs de taxi ramenaient des gens chez eux en éteignant leur compteur, les chauffeurs de bus ramassaient les gens perdus, n’importe où sans qu’il n’y ait une station….

Dès que tu as balancé tes bombes, tes cartouches, les gens ont ouvert les portes de leur palier, pour réconforter les gens, pour qu’il y ait moins de peur, pour que tes sbires ne puissent pas leur tirer dessus. Ce matin, spontanément, les gens sont allés donner leur sang, parfois en devant attendre plus de trois heures…..

Ça y est, tu comprends ? Ça te la coupe, hein ? Attends, je n’ai pas fini…..

Nous allons recommencer à vivre, normalement, à rire, souvent, à picoler et bouffer, fréquemment, à aller à des concerts ou des matches de foot, tout simplement….. Pas ce soir, pas demain, c’est vrai….

Mais comment t’expliquer que la différence entre toi et nous, c’est que tant que nous saurons pleurer, être tristes, sensibles, tant que nous saurons que nous avons peur, tant que nous saurons que nous risquons de nous tromper dans nos colères, nous, nous serons humains….. Pas comme toi….

Tu sais, je vais te raconter autre chose. Simple, facile, que même toi devrais comprendre….

J’ai le bonheur de faire de la formation et de l’enseignement à plein de jeunes, qui sont de toutes les origines, de toutes les confessions, de toutes les couleurs…

Et tu sais quoi ? En janvier dernier, quand tu as cru que tu nous avais abattus en tirant sur des dessinateurs, des flics, des clients, bref, sur des humains, ils t’ont TOUS montré du doigt…. TOUS……

Et tu sais quoi ? Ta petite logique machiavélique où tu espères que tous les musulmans de notre chouette pays seront stigmatisés….et bien, c’est raté……

Et tu sais quoi ? Chez nous, on a des policiers, des gendarmes, des militaires…. Tu crois qu’on les déteste parce qu’on râle souvent après eux… T’as rien compris, encore une fois…Ces mecs-là, nous on sait qu’ils nous protègent, qu’ils sont là, et que face à eux, tu vas encore prendre une sacrée rouste… 

Bon ça y est, tu as enfin compris ?

Nous on sait que tu vas vouloir recommencer…. On le sait…. Et on va tout faire pour t’en empêcher, crois-moi. Mais, même si tu réussissais, j’espère que tu as compris que ça ne sert à rien. Chaque fois que l’un de nous tombe, un autre le relève, l’aide, l’accompagne.

Tu as perdu, abruti, tu comprends ça ? Tu as perdu…..

Tu as définitivement perdu, comme tu as perdu ce dieu que tu as spolié, comme tu as perdu toute humanitude, toute humanité…..

Abruti…..

 

(Chronique écrite le samedi 14 novembre 2015, au lendemain des attentats)

 
 

Face à l’amer….

enfant policier turcC’est la nuit. Une de ces douces nuits de fin d’été, où la chaleur se fait moins violente, moins suffocante, où la mer apporte cette  brise rafraîchissante, reposante qui aide à s’endormir,paisiblement…..

Je l’imagine chez lui, dans son lit, peut être auprès d’une compagne, ses enfants dormant dans une pièce voisine…..

Je l’imagine serein, heureux, malgré son métier de militaire, ou policier, ou secouriste…. Il en a tellement vu, il connaît tellement de choses de la nature humaine…

Il a dîné paisiblement, il a regardé ses enfants jouer, discuté avec sa compagne, s’est couché….

Il a trouvé le sommeil, facilement, aidé par cette douce moiteur, par cet air marin……

Il y a eu ces cris, lointains, difficilement repérables, identifiables, presque inaudibles….. Il ne les a pas entendus, il dormait. On est venu le chercher, le réveiller…

Alors avec les autres, il a mis cet uniforme, symbole de la civilisation, garant de la paix, et il est parti….

Alors avec les autres, il est arrivé, vite, très vite…. Trop tard…. Sur cette plage….

Ils en ont recueillis quelques-uns, trempés, transis, terrorisés, les yeux hagards, en train de chercher, de pleurer, même pas soulagés d’être arrivés….. Ils se sont tournés, le jour s’est levé, ils ont compris….

Là, sur ce sable humide, froid, ces débris, ces corps éparpillés…. Il en a déjà vu, il en a vu trop, il en a vu souvent. Là, sur ce sable humide, froid, ces petits corps, ces deux enfants…. Petits, si petits, trop petits…..

Il est là, à côté du plus petit, lui qui est grand, si grand, dans son bel uniforme, symbole de la civilisation…. Il ne peut bouger, il ne peut parler, il se sent seul, si seul. Impuissant…. Triste, terriblement triste, devant ce si petit corps. Il se baisse, et avec ses immenses bras, ses immenses mains, il prend cet enfant, l’entoure, comme s’il dormait, espérant un réveil, un sourire, un rire…..

Il se tourne, lentement, doucement, pour ne pas bousculer cet ange, et d’un pas lourd, si lourd, l’emporte, sans un brancard, sans un linceul, comme pour donner un dernier instant de vie à cet enfant….

Ce souffle ne reviendra pas, ne reviendra plus…. Il le sait, il baisse les yeux… Il imagine, il espère, mais ne sait que faire.

Ce soir il rentrera, chez lui. Il retrouvera sa femme, ses enfants. Il dînera avec eux, jouera avec eux, un peu plus tard, un peu plus attentif, un peu plus près…. Puis il embrassera leur mère, un peu plus tendrement, un peu plus près…

Il se couchera…..

Il va mal dormir, il le sait…. Les premières nuits seront difficiles, il le sait…..

Puis, peu à peu, la vie reprendra son cours…

Lui, acteur involontaire de ce cliché, retombera dans l’anonymat….

La photo de cet enfant si petit et de cet homme si grand restera comme un symbole, impuissance de l’individu seul face à cette barbarie. Vite, bien vite, trop vite, on ne saura plus de quoi, on ne saura plus pourquoi….

Il n’y aura plus de Tweet, de FaceBook, de premières pages….. 

Alors d’autres arriveront, mais la dramaturgie sera passée, terminée…. On s’habitue à tout, n’est-ce pas ?

Alors, certains regarderont le ciel, les étoiles, et imagineront que celle qui brille un peu plus tire son éclat du sourire de ces deux enfants partis si tôt, dans une belle nuit de fin d’été, dans une douce brise rafraîchissante, reposante….

 

A tchao…..?

Embouteillage, jour de canicule…..PPD

Un sujet, un seul, unique, sur l’ensemble des radios… Affaire d’état, liberté, liberté chérie, on te bouscule, on te maltraite, je viens te sauver ! Les Guignols de l’Info vont peut-être disparaître de la grille de rentrée….

Facebook, Twitter, interviews et déclarations de nos politiques, de nos artistes…. Mobilisation générale, rentrons en résistance, il faut sauver le soldat PPD….. L’esprit Charlie n’est pas mort, il perdure, nous sommes là, tous là, main dans la main à défendre ce symbole, cette statue de la liberté, ce statut libertaire….. Il y a urgence…..

Chouette, enfin un combat noble, éthique, indispensable !

Chouette, enfin des slogans, des groupes virtuels qui nous rassemblent !

Chouette, enfin je suis un combattant, un résistant…. 

Chouette, enfin j’existe…..

 

Théorie du complot… On y est…

Encore Sarkozy et ses potes pour ne plus parler de Bettencourt ?

Encore Hollande et ses sbires excédés de cette image de « grand tout mou » ?

Encore des coups de fil donnés par des cabinets noirs, par des donneurs d’ordre….

Quand Oliver Stone en fera un film, ils seront en contre-champ, visages masqués, on ne verra que leur main taper sur le clavier téléphonique et on les entendra simplement dire « stop »….

Mais n’oublierait-on pas une chose importante? Canal + est, que je sache, une chaîne privée, vivant de ses abonnements, de la publicité et autres recettes. Il y a donc des propriétaires, qui, en tant que tels, en tant que capitaines d’industrie, prennent des décisions, et qui ne touchent en rien au denier public…. Et vu la chute drastique et ininterrompue des audiences, le désamour apparent du public, n’est-ce pas là une décision qui s’entend sans en faire un combat superfétatoire….. Poser la question, n’est-ce pas y répondre ?

Par ailleurs (mais ce n’est là qu’un avis) je trouve d’une part que cette émission s’est essoufflée, a mal vieilli… Et pourtant elle m’a fait beaucoup, beaucoup rire… et réfléchir parfois… D’autre part, le manque d’objectivité de ces gens-là est devenu rédhibitoire, trop visible, trop lisible, pour se prétendre porte-parole, symbole, ou je ne sais quoi….

Oui les guignols ont marqué une époque, oui ils étaient salvateurs dans leur regard…. Oui, ils étaient novateurs…. Oui ils faisaient du bien…. Comme le Bébête Show, le Petit Rapporteur, ou les radios libres à une époque…. Le sont-ils encore?

Vous, hommes politiques, penseurs, bobos divers ou autres artistes, rappelez-vous que Canal est une entreprise privée… et que, au nom de la liberté d’entreprendre, aussi indispensable que la liberté d’expression, les retirer d’une programmation est tout à fait admissible sans rentrer dans cette posture de pseudo-résistant…..

Mesdames, Messieurs les offusqués, ne salissez pas ce mot de résistance, camouflés derrière vos postures, une coupe de champagne à la main, dédaignant ce bas peuple qui ne comprend rien et dont vous ne parlez que trop…. Allez mettre votre énergie et votre humanisme que je perçois si sincère, au service de causes réelles, fortes…. Il y en a tellement dans ce monde qui tourne moins bien, dans cette société blessée, touchée, dans cette République si souvent bousculée, maltraitée….

Mesdames, Messieurs les offusqués, fermez cette mire, et ouvrez les yeux, sans écran interposé, intercalé… Regardez autour de vous, je vous le promets, vous trouverez de nombreux motifs d’indignation, vous pourrez être utiles…

Vous ne serez plus des marionnettes….

Enfin, vous tirerez les fils…..

 

Sang d’encre…..

charlieIls sont venus, tranquillement déterminés….

Ils se sont renseignés, ont tué une première fois….

Ils sont montés, sont arrivés…..

Derrière cette porte, des rires, des éclats de voix….

Derrière cette porte, ils tuent, encore, encore, encore…..

Ils repartent, ils tuent encore…

Ils repartent, nous comptons les morts…

Putain, Charlie, je te l’ai souvent dit. Ton rire trop gras, tes moqueries permanentes, ton côté bobo qui sait tout et n’importe quoi, ton côté bobo si souvent suffisant, parfois méprisant….

Putain Charlie, je te l’ai souvent dit, tu ne m’as presque jamais fait rire, peut-être juste parfois sourire….

Putain Charlie, je ne suis jamais venu te chercher, t’acheter….

Putain, Charlie, qu’est-ce que tu as pu me gonfler, m’irriter…

Putain Charlie, qu’est-ce que tu as pu faire comme conneries….

Mais putain Charlie, qu’est-ce que c’est bien quand tu dessines, quand tu écris….

Alors mon pote, c’est vrai, je n’appréciais pas ce que tu faisais, ce que tu dessinais…. Un jour je t’avais écrit, parce que tu avais vraiment déconné….

Alors mon pote, aujourd’hui, ta famille est décimée.

Alors mon pote, avec elle deux policiers y sont restés.

Comme un dernier pied de nez, une de tes nouvelles mauvaises vannes, tu seras à jamais unis avec ceux que tu moquais.

Tout ça parce des fous, des malades, des mecs que tu aurais certainement su qualifier, je n’ai pas ton talent, ont basculé….

Mais tu vois Charlie, cette République, tous ces gros cons, tous ces beaufs, tous ces nazes, grâce à toi, pour toi, se retrouvent ensembles, un crayon à la main, symbole de tes bafouilles, de tes bêtises…

Putain Charlie, tu m’as jamais fait rire, c’est vrai.

Putain Charlie, tu me fais pleurer.

Putain Charlie, une nouvelle fois, tu as gagné.

Merci….

 

 

Free, Mandela, free…..

Dimanche 11 février 1990mandela

Toutes les télés du monde se sont données rendez-vous. La foule est présente, silencieuse et enthousiaste à la fois. Sur nos écrans, cette porte, au milieu de ce mur surmonté de barbelés. Il fait beau, définitivement beau….

Après une longue, très longue, trop longue attente de 27 ans, après quelques heures de plus, il sort. Enfin. Il tient par la main celle qu’il aime, celle qui l’aime, qui ne l’a jamais abandonné, qui n’a pas manqué un seul parloir en 27 ans…..

On découvre enfin son visage, que l’on compare à cette trop vieille image en noir et blanc, quand il était encore jeune. Il est grand, très grand, mal à l’aise dans son costume-cravate, mais avec une espèce de classe naturelle qui ne se commande pas. Il lève le poing, simplement, sans haine, comme une victoire sur cette inhumanitude qui gouverne ce merveilleux pays depuis trop longtemps.

A cette époque ou Internet n’existait pas, où on n’apprenait les choses qu’après coup, nous sommes en train de vivre un moment d’histoire et nous ne le savons pas encore, nous n’en n’avons pas conscience. Mandela n’est plus une statistique, celle du plus vieux prisonnier politique du monde. Mandela est (re)devenu un homme….

Depuis 1948 l’apartheid gouverne l’Afrique du Sud. Malgré les protestations, trop légères, trop futiles, trop inutiles des autres pays, la ségrégation fait loi, la haine basée sur la peur dirige, domine, réprime…. L’Afrique du Sud n’est pas une, mais deux, celles des blancs dans leurs jolies villes ou grandes propriétés terriennes, celles des « autres », dans les townships….. Mais de révoltes en répressions, de mouvements en déséquilibres, peu à peu le système vacille, titube, se fend, se rompt…. Enfin….

Après de longues négociations de deux longues années dues à Mandela lui-même car il n’acceptait aucune condition, aucune soumission, arrive ce 11 février libérateur….. Enfin….

Le 27 avril 1994, après quatre années de remise en cause de la constitution, de négociations, de légitimation, il est élu à la plus haute fonction de l’état. Il ne fera qu’un seul mandat, où tout ne sera pas parfait, où peu de choses avanceront réellement, mais qui sera le prémisse de tout l’avenir de ce pays….

En 1995 la coupe du monde de rugby est organisée en Afrique du Sud, alors que pendant des années, la communauté sportive internationale avait refusé tout contact avec cette fédération représentant l’inverse de toute éthique sportive. Le rugby….. Sport des blancs, représentation absolue du ségrégationnisme,  représentation de ces trop longues années d’oppression….. Ce vieux Monsieur prend un pari : ce symbole de l’abjection réunira son peuple. Il se rapproche du capitaine emblématique de cette sélection, François Pienaar, crée avec lui un lien , une relation rarement vue dans le monde politico-sportif…. Ils ne sont plus là pour gagner une coupe, ils sont ensembles pour vaincre, pour réunir….

Hormis ce dimanche ensoleillé de février 1990, mon principal souvenir de cet homme restera le jour de la finale de cette coupe du monde de rugby. Non, non,  pas le match ou le trophée, non…. Mais cet avant match, avec ces tribunes remplies de noirs, de blancs, de métis, qui chantaient, ensembles, magnifiquement, d’une seule voix, et de ce vieux bonhomme qui tapait des mains, chantant de son fauteuil d’officiel  avec ce peuple unifié en cet instant, arborant le maillot de cette équipe, qui était il y a encore si peu, le symbole de tout ce qu’il combattait. Quelle image, quelle magie, quelle émotion….

L’histoire veut que le Vieux Sage parte enfin se reposer 50 ans presque jours pour jours après JFK, comme si ces deux hommes d’espoirs devaient être liés, reliés…. Ils se sont retrouvés là haut, à la table des Grands Hommes, avec leurs potes Gandhi  et Luther King. Quand ils regardent l’état de notre monde, ils tournent la tête et poussent un soupir, se disent que nous n’avons rien compris….

Mais aujourd’hui, dans cette journée froide et brumeuse, pour quelques heures, notre petite planète a pris une drôle de couleur, proche de l’Arc en Ciel de Madiba….. Et rien que ce petit moment nous fait du bien, même si nous sommes sept milliards d’orphelins…

 
 

Bertrand Cantat, rebelle mais pas assez….

noir-desir-11719Vilnius, 26 juillet 2003

Eté de canicule, fin de tournage. Toute l’équipe se retrouve autour d’un verre, puis prolonge la soirée chez l’un des collaborateurs locaux.

Ils sont là, tous les deux…. Ambiance tendue, électrique… Un sms reçu de trop, une situation compliquée, difficile à accepter, qui perdure….

Retour à l’hôtel. Trop d’amour, trop de passions…  De jalousies,  de non-dits….Trop d’alcools, trop de drogues….

La dispute, soudaine, violente, haineuse.Hors du temps, hors du sens…. Des cris, des gifles, des coups…..

Fin de nuit, sortie de brume. Elle est là, elle respire, visage tuméfié, silencieux. Enfin le jour se lève, si tôt, si tard. Les pompiers, les sirènes, l’ambulance.            Enfin le jour se lève, mais il est tard, trop tard….

Adieu, Marie.

Paris, le 9 mars 2002

Noir Désir reçoit la Victoire de la Musique de l’album rock de l’année. Le groupe arrive sur scène, guidé par son emblématique leader au look soigneusement négligé, à l’attitude à la fois hautaine et lointaine. Il sort alors de sa poche une feuille de papier, et lance une violente charge contre Vivendi Universal à travers son PDG, Jean-Marie Messier…. Cette diatribe contre le système, dont ils sont partie prenante, Universal étant leur propre maison de disque, suscite pour certains des hourras, pour beaucoup un malaise….. Peut-être pas forcément à cause du message, plutôt à cause de cette agressivité et de cette ironie déplacées, peut être un manque de crédibilité de ces millionnaires pseudo-révolutionnaires…. Peut-être….

Septembre 2003.

Il est condamné. Huit ans. Comités de soutien, concerts hommage, pétitions, dissertations, rien n’y fait, il va en prison….

Il demande alors à bénéficier du droit à effectuer sa peine en France, ce qui lui est accordé en 2004….En 2007, il demande, encore, et obtient, encore, une remise de peine, il sort…. Il se tait, reste discret, fuit les médias, les loups, les loupes….  Le rebelle remercie le système… Cohérence, cohérence?

Puis peu à peu, il réapparait, participe à des concerts en guest, gère son absence, ses silences…. Puis annonce un nouvel album pour novembre 2013….

Alors, Monsieur Cantat, moi je ne me permets pas de vous tutoyer ironiquement…. Une fois encore,vous êtes décevant. Je ne parle pas ici de ce drame affreux de cet été de canicule. Je ne suis personne pour vous juger, vous accabler, vous enfoncer… Non, je m’y refuse!

Mais Monsieur, vous êtes incohérent, illogique, envers vous-même, envers les autres, envers vos beaux discours de rebelle trop gâté. Vous qui vous êtes érigé en antisystème, en perpétuel donneur de leçons, en défenseur de la veuve et de l’orphelin, face à ces édiles et dirigeants que vous exécriez, face à un pays qui vous a tout donné… Que n’en avez-vous profité, abusé?

Trop facile de cracher sur tout, sur tous, affichant des postures ,des attitudes ultra photogéniques, vous permettant le jugement perpétuel, dans un romantisme pour midinettes fascinées par votre talent et votre beauté…. Mais ça, c’était avant, pensait-on…

Oui, vous qui avez bénéficié de richesses, de la mansuétude d’une justice que vous ne cessiez de  blâmer, vous qui condamniez vos fortunés congénères, soutenu par ces fameux intellectuels en manque de « héros » des temps modernes…. Un anonyme en aurait-il eu autant? C’est à (des)espèrer…

Revenir sur scène, reprendre votre art, vos concerts, et autres….. Qui serai-je pour vous en nier le droit? De grâce, Monsieur, une interview telle que celle donnée au Inrockuptibles, comme par hasard, juste avant la sortie de votre album est de trop…. Votre repentir est peut-être sincère, honnête, réel….

De grâce, n’en faites pas un outil de communication, n’essayez pas de gagner la pitié des gens…. 

De grâce ne vous servez pas de ce système que, soit disant, vous combattez, vous abhorrez….

Vous n’êtes pas une victime, ne l’oubliez jamais…

Monsieur, vous êtes vivant, riche, libre….                                                                                                  

Soyez humble, discret,  redevenez humain…..

 
5 Commentaires

Publié par le 4 novembre 2013 dans Mes humeurs, bonnes et mauvaises...

 
 
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