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Archives de Catégorie: Mes humeurs, bonnes et mauvaises…

Addiction…

Ils se sont rencontrés dans de drôles de circonstances ….

Premier jour, premier regard.          

Ce petit truc étrange, innommable, imperceptible.

Pourtant si présent.

Agréable malaise  d’un quelque chose potentiel.

Le temps a passé.

Hasard d’une rencontre, une discussion de couloir, un sourire sur un parking…

 

Une première initiative.

D’elle.

Une première invitation….

Virtuelle…

Surprise peut-être attendue, inconsciemment espérée…

J’y vais ? J’y vais pas ?

Un clic impulsif qui dit oui…..

Une réponse positive, contre tous ses principes, contre  toute éthique.

Une première et unique fois.

Assumée, consumée, après de nombreuses réflexions….

 

Enfin je… pourquoi pas…. On verra…..

Instinct de jeu, de danger….

 

Échanges, dialogues, joies de la technique …

Présence permanente….

Virtuelle….

Petits messages, constants.

Matin, midi, soir, nuit….

Bonjour vous… Bonne journée ?

Bonne nuit.

 

Puis la rencontre, fortuite.

Parce qu’un rendez-vous pas loin, l’occasion de …..

Même pas  le temps de boire un verre…

Juste un bonsoir….

Corps mélangés, corps partagés….

 

Une autre rencontre, un autre soir….

Pas de déplacement exprès, juste une opportunité.

« J’étais à côté…. Je viens te voir toi, j’aurais pu aller chez un autre… »

Corps mélangés, partagés…

 

Sensation de bien-être.

Échanges permanents, plus intenses…

Mots doux, affection virtuelle….

Aveuglement volontaire…. ?

Manque de lucidité…

De plus en plus d’importance dans ses pensées…

Affirmée, assumée…

Danger, il le sait.

 

Mise en alerte, il lui dit.

Attention je  ne peux pas, je ne veux plus…

Discussions inutiles, longues, pénibles…

Elle ne reconnait rien.

Elle revendique ses « je te désire, tu me plais, tu me manques ».

Mais satisfait ses manques…ailleurs.

 

Ailleurs…

Le sourire laisse la place à l’incompréhension.

Le désir à la frustration.

Le privilège à la vexation….

 

Alors un samedi soir….

Alcool… ressentis…

Elle  est là-bas…

Elle lui a dit repas  avec des potes, des copains.

Elle a encore menti.

Soirée mystérieuse, avec un autre, un seul autre.

D’autres verres, d’autres bras….

« Ce qui compte c’est ce que je pense, pas ce que je fais…. »

Alors ce samedi soir… Fin des non-dits.

 

Refuge dans une soirée de beuverie, de sexe,  encore…

Il aime se retrouver là.

Agréable  moment, monde enfin réel….

Refuge dans cette soirée, plaisirs de l’excès.

Elle aurait pu être autre….

 

Fin de l’histoire, d’une façon pas très sympa…

Connaître cette position de dernier recours, dernier secours.

Première fois… Dernière fois.

Plus jamais ça.

 

Retour … virtuel….

Elle revient, encore une fois.

Vite, très vite.

Mais seulement de loin, derrière cet écran.

Écran de fumée….

Elle revient, encore une fois.

Seulement virtuelle.

 

Puis deux soirées.

Magique, complice, mais sans toucher.

Deux soirées.

Échanges,  rires, mais  rejet.

Deux soirées à s’embrasser.

Elle est embarrassée.

 

Un message, le soir même.

On arrête, j’ai réfléchi.

Pas un appel, un sms, vulgaire sms.

Les autres l’attendent, ils sont importants.

Tout était si joli, original…

Risque assumé, revendiqué….

Tout était si joli…

Jusqu’à ce moment où plus rien n’a été pareil….

 

Silence, pas d’explications…

Des semaines de poursuites, de courir après…

Pourquoi ? Pour qui ?

Manque de mots doux, de baisers, d’instants…

Ils sont destinés, réservés, distribués à……

 

Il est épuisé.

 

Fin d’une histoire….

Qui avait juste commencé…

Fin d’une histoire

Qui s’annonçait jolie, simple…

Fin d’une histoire …

Qui s’annonçait  facile…

 

Deux êtres un peu perdus qui se retrouvent.

Peut-être dans leurs regards, leur histoire.

Deux êtres complémentaires, si complémentaires.

Deux êtres aux si nombreuses attaches et aux si petites entraves.

Alors pourquoi…. ?

 

Ils ont eu peur ?

D’un vulgaire classicisme ?

D’une relation si propre…. ?

Crainte d’un attachement privant de liberté(s) ?

Rejet d’un bonheur potentiel ?

 

Pourquoi passe-t-elle ses nuits si loin ?

Pourquoi passe-t-il ses nuits avec ces demoiselles?

Pourquoi chacun passe-t-il ces nuits dans des bras qui ne sont pas les leurs ?

Pourquoi …..  Oui, pourquoi…. ?

 

Douloureux, un peu…

Incompréhension… Beaucoup.

Ne pas tomber dans l’acrimonie.

 

Restons amis….

Garder sous le coude, préserver cette tendresse.

Mais donner ailleurs, à d’autres.

A ceux qui prennent ce corps, mais si peu du reste.

A ceux qu’elle veut dominer, amener.

 

Lui ne se laisse pas diriger.

Jamais.

Il l’avait pourtant un peu accepté…

Elle voulait diriger, imposer.

Elle a tout égaré, tout froissé, tout gâché.

A lui, seul, elle a tout refusé.

 

Il est parti, il lui a écrit.

Pourquoi il devait partir, fuir.

 

Pourtant à cet instant,   tout allait bien…

Une « phase positive » disait-elle, « ascendante ? » demandait-il ….

Un espoir de renaissance entretenu.

Un énième redémarrage….

 

Mais jusqu’où, pourquoi…. ?

Mais pour arriver où… ?

Mais pour échanger…. ?

Échanger quoi ?

 

Elle s’est dite triste…

Elle dit que ça lui manquerait….

Elle reconnait son addiction à lui….

Elle reconnait cette chose « inexplicable » qui l’a fait revenir…

Vite, si vite, à chaque fois.

Et pourtant….

 

Elle ne fait rien, elle ne veut rien.

Elle ne reconnait rien, se dit blessée.

Elle dit… elle dit…

Elle ne fait …. Rien….

 

Il est parti, elle ne l’a pas retenu.

Il est parti, elle s’en fout.

Il est parti, elle l’a perdu.

 

Il est parti,   il ne se reconnaissait plus.

Il est parti, il s’en fout.

Il est parti, c’est fini.

 

Chacun a trouvé d’autres cieux, d’autres yeux.

Chacun a trouvé d’autres bras, d’autres corps.

 

Pense-t-elle à lui dans les bras de ces danseurs, de ces hommes qui traversent ses nuits ?

Ceux qu’elle allait retrouver, ceux qu’elle va rechercher…. ?

Certainement pas.

 

Pense-t-il à elle dans les bras de cette délicieuse beauté ?

Évidemment pas.

 

A-t-elle des regrets ?

Aucun, elle a choisi, elle a voulu cette issue.

A-t-il des regrets ?

Il s’en veut d’y avoir cru, mais a aimé l’avoir crue.

Regret d’une sincérité malmenée.

 

Restons amis, dit-elle….

Il lui dit que c’est impossible.

Devenir ponctuellement amants ?

Rattraper  ces ratés,  ces fois où ils auraient dû faire cet amour ?

Qu’elle faisait ailleurs…

Qu’il faisait loin d’elle…

Il dit que non, il pense que non.

Elle dit qu’elle a envie…

Mais envie de quoi… ?

 

Restons amis, veut-elle….

Que se diront-ils un jour…

Peut-être plus rien.

Se reverront-ils un jour…

Il dit que non, il pense que non.

Elle dit qu’elle ne sait pas.

 

Se souvenir des rires des débuts, des disponibilités disparues.

Effacer les frustrations, les humiliations, les déceptions…

Se souvenir des belles choses, si rares.

Seulement ces belles choses….

 

Que leurs routes soient belles….

 

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La timide qui rêvait de Mars…

Un froid samedi après-midi….

Il faisait ses courses.  Cette fichue corvée que tout un chacun doit se résigner à accomplir, comme un rituel, une ode à ce monde de la consommation, dans l’un de ces temples des achats, où on trouve tout sous un même toit, et bien plus encore….                  

Elle travaillait dans ce difficile environnement, bruyant, lumineux,  où chaque client se considère comme unique, exceptionnel, réclamant une attention surévaluée quant  à  sa personne….                                                                                                                       

Elle répondait à tous, avec un sourire désarmant, un humour, une gentillesse qui laissent penser que cette si longue attente ne l’était pas tant que ça…

 Un mot, deux mots, un sourire, un fou-rire…

Puis peu à peu, le temps passant, ils se rencontrent  à nouveau, dans cet univers mercantile, mais sans être à la course….

 Un mot, des  mots, des sourires, des fou-rires….

Magie des temps modernes, elle connait son nom, il ne sait rien d’elle…

 Un mot, des mots, des sourires, des fou-rires….

Il a compris, elle est timide, si timide….

Il a compris, il l’est aussi. Bien plus que cette apparente sureté, ce statut de chef, de manager, ou autre…  Il n’a plus son armure, juste un caddy derrière lequel il se réfugie….

Il a compris, il l’a comprise….

Alors, un jour, au détour d’un règlement, d’un achat de shampoing, dans un souffle, il lui demande son prénom…

 Un mot, des mots, des sourires, des fou-rires…

Magie des temps modernes, communication internet…

Ils se retrouvent sur ce réseau, autoroute des mots écrits, virtuels.

Ils échangent, discutent dans cette nuit.

Apprennent-ils à se connaître, se reconnaître… ?

Ils parlent de tout, de rien, de ces futilités  indispensables, refont le monde, de la piste de danse à Mars….

 Un soir d’été, sur le Vieux Port….

Il est avec son vieil ami, son complice, dans cette virée nocturne qu’eux seuls peuvent comprendre. Au détour de cette rue, au sortir de cette boîte enfumée, grisés, ils tombent sur cette joyeuse équipe de filles qui rient, qui vivent, qui s’amusent…

Elle est là, avec ses amies…

Ses chaussures à la main, ces talons si hauts qui lui donnent cette hauteur rassurante…

Mais elle garde cette élégance, ce chic naturel et séduisant.

Ils se regardent, se font la bise… sur le coin de leurs lèvres…..

 Un mot, des mots…

Des sourires, des fou-rires…

Elle est happée par ses copines qui rient, qui s’amusent…

Il est tiré par le bras par son vieux pote, qui doit retrouver une demoiselle dans une autre boîte…

Un vieux Monsieur  lui a dit un jour, « si une fille se retourne en partant, alors c’est que vous avez des choses à vous dire »….

Il regarde, discrètement.

 Elle s’enfonce dans cette nuit devenue si noire, ses talons à la main….

Son pote le tire, l’oppresse, l’entraine, il ne voit pas, il ne peut pas…

Il ne saura pas.

S’est-elle retournée ? 

Entrainé par son ami, son frère, qui l’empêche d’attendre, de regarder….

Elle est partie.

S’est-elle retournée… ?

Il ne le saura jamais….

 

 

 

 

Rock’n’roll attitude!

Et si pour une fois les penseurs arrêtaient de penser?

Les images des obsèques de Johnny vont passer, encore et encore, sur nos écrans, réseaux et autres journaux.

Cette foule venue de partout, de tout horizon politique, géographique, social, ne demande rien d’autre que de lui dire au revoir….

Durant des années elle a communié avec cet homme, pétri de défauts, certainement, mais qui leur a apporté un bonheur que certains s’autorisent à moquer.

Et ces mêmes penseurs s’offusquent de tirades diverses et variées qui ne les satisfont pas, qui bousculent leurs schèmes et pensées, censeurs censés descendant de Torquemada mais se réclamant de Charlie…..

Aujourd’hui, le mot populaire nous a pété à la figure, dans sa plus belle acception, dans son sens le plus beau, le plus profond, nous rappelant que le populisme qu’on lui accole si souvent n’avait pas sa place dans cette ferveur simple et belle…..

C’était beau de voir ces gens danser et pleurer, taper des mains et se taire, écouter et participer…

Ils étaient magnifiques à applaudir ce cercueil si blanc, à soutenir cette maman, ses enfants, ses amis dans la peine…..

Les motards ont joué leur partition, avec ce vrombissement de leurs destriers si bien briqués….

Les musiciens ont joué, avec talent et engouement, laissant les fans prendre la place du chanteur….

Les politiques ont su être dignes, sans en faire trop, sans se mettre devant, sans se montrer….

Sacré Johnny….

J’ai toujours reconnu ta puissance de bête de scène, même si je n’écoutais pas ta musique. Une amie me disait que tous nous avions au moins une fois dansé, chanté, crié sur un de tes morceaux.

Oui, tous, nous avons tous au moins un souvenir te concernant, directement ou pas.

Sacré mec que tu es….

Ce qui s’est passé aujourd’hui restera, longtemps, comme un rassemblement comme tu étais le seul pouvoir le faire….

Alors, les intellectuels, contestataires et autre moqueurs, pour une fois taisez-vous et écoutez…

Oui, écoutez cette musique, qui vient du bon vieux temps du rock’n’roll.

Oui, écoutez cette musique, toute cette musique que j’aime…..

 

Night heart…..

La nuit….
Ce moment si noir où la lumière se fait.
Cet instant unique où des soleils se lèvent…
Ce moment où, seul, tu penses, tu relis, tu revis, tu relies….
Cet instant si précieux quand tes yeux distinguent ce qu’ils n’avaient pas su voir, pas voulu croire….
Oui, la nuit, ce moment où cette flamme s’éteint ou se rallume à jamais, à tout jamais….
Oui, la nuit, moment où tout se gagne, se perd, se digère….
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Ma vieille amie, ma douce complice.
Elle me connait bien, la nuit.
Elle m’a vu, entendu, compris, souri, la nuit.
Elle sait ce qui se passe, ce qui se trame, qui fait que cet instant si rare ne se renouvellera jamais…
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Elle m’a souvent accompagné, dirigé, regardé, la nuit.
Dans ces virées nocturnes, mes refuges incertains, mes rencontres si étranges…
Dans mes soirées avec mes amis, mes complices, frères d’armes, compagnons d’âme.
 
Elle m’a protégé, la nuit.
M’entourant de ses lumières sombres, ses volutes, ses artifices.
Elle m’a caché ces choses si laides que je voulais oublier…
Me portant, m’inspirant, sur ces routes mal goudronnées, pleines d’excès, pleines de regrets.
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Des fois, elle ne veut pas que je dorme.
Des fois, elle ne veut pas que je sois, moi.
Des fois elle ne veut pas de moi.
Ma nuit me permet de comprendre, d’entendre, d’apprendre.
 
Moi, je l’aime, ma nuit.
Et si mes jours en sont plus difficiles, plus fatiguant, elle les rend si exaltants.
Oui, je l’aime ma nuit….
Elle qui m’apporte sa lumière, ma lumière…

 

JB

8 Mai 2017.

 

 

 

A toi, le terroriste…..

Il faut que je te dise…                marianne pleurs

Oui, à toi, l’abruti qui rêve de prendre une arme et de tirer dans le tas.                                        

Oui, à toi l’abruti, qui veut tuer sans cesse, encore et encore, pour qu’on parle de toi.

Oui, à toi, l’abruti, qui n’est pas capable de vivre, qui ne comprend pas.

Alors, je vais employer des mots simples, faciles, que même toi risque d’entendre.

Alors je vais te parler sans te montrer ma colère, sans t’offrir ma haine. Ce serait te reconnaître une importance, une existence que tu ne mérites pas.

Depuis hier soir, tu es content de toi, de tes potes, du résultat. Tu te gargarises, tu te vantes, tu te tapes sur le ventre, tu parles fort, si fort, trop fort. Tu parles de ce dieu que tu as voulu t’approprier, te façonner, t’inventer.

Tu ne te rends pas compte ? Tu ne comprends donc pas ?

Tu regardes tous ces corps, tous ces gens qui pleurent, tous ces gens qui ont peur, et tu te dis que tu as gagné…. Vraiment, tu es encore plus idiot que ce que je croyais…..

Tu as perdu, abruti, tu as perdu…..

Oui, Paris est vide aujourd’hui, oui nous pleurons, oui nous avons peur….Mais tu n’as donc rien vu hier soir ? Aujourd’hui ? Attends, je t’explique…

Dès que tu as balancé tes bombes, tes cartouches, tous se sont mobilisés, se sont unis, chacun comme il pouvait, comme il savait… Parfois juste en prenant des nouvelles d’un vieil ami parisien….

Dès que tu as balancé tes bombes, tes cartouches, les infirmiers et médecins de repos sont venus dans les hôpitaux, les chauffeurs de taxi ramenaient des gens chez eux en éteignant leur compteur, les chauffeurs de bus ramassaient les gens perdus, n’importe où sans qu’il n’y ait une station….

Dès que tu as balancé tes bombes, tes cartouches, les gens ont ouvert les portes de leur palier, pour réconforter les gens, pour qu’il y ait moins de peur, pour que tes sbires ne puissent pas leur tirer dessus. Ce matin, spontanément, les gens sont allés donner leur sang, parfois en devant attendre plus de trois heures…..

Ça y est, tu comprends ? Ça te la coupe, hein ? Attends, je n’ai pas fini…..

Nous allons recommencer à vivre, normalement, à rire, souvent, à picoler et bouffer, fréquemment, à aller à des concerts ou des matches de foot, tout simplement….. Pas ce soir, pas demain, c’est vrai….

Mais comment t’expliquer que la différence entre toi et nous, c’est que tant que nous saurons pleurer, être tristes, sensibles, tant que nous saurons que nous avons peur, tant que nous saurons que nous risquons de nous tromper dans nos colères, nous, nous serons humains….. Pas comme toi….

Tu sais, je vais te raconter autre chose. Simple, facile, que même toi devrais comprendre….

J’ai le bonheur de faire de la formation et de l’enseignement à plein de jeunes, qui sont de toutes les origines, de toutes les confessions, de toutes les couleurs…

Et tu sais quoi ? En janvier dernier, quand tu as cru que tu nous avais abattus en tirant sur des dessinateurs, des flics, des clients, bref, sur des humains, ils t’ont TOUS montré du doigt…. TOUS……

Et tu sais quoi ? Ta petite logique machiavélique où tu espères que tous les musulmans de notre chouette pays seront stigmatisés….et bien, c’est raté……

Et tu sais quoi ? Chez nous, on a des policiers, des gendarmes, des militaires…. Tu crois qu’on les déteste parce qu’on râle souvent après eux… T’as rien compris, encore une fois…Ces mecs-là, nous on sait qu’ils nous protègent, qu’ils sont là, et que face à eux, tu vas encore prendre une sacrée rouste… 

Bon ça y est, tu as enfin compris ?

Nous on sait que tu vas vouloir recommencer…. On le sait…. Et on va tout faire pour t’en empêcher, crois-moi. Mais, même si tu réussissais, j’espère que tu as compris que ça ne sert à rien. Chaque fois que l’un de nous tombe, un autre le relève, l’aide, l’accompagne.

Tu as perdu, abruti, tu comprends ça ? Tu as perdu…..

Tu as définitivement perdu, comme tu as perdu ce dieu que tu as spolié, comme tu as perdu toute humanitude, toute humanité…..

Abruti…..

 

(Chronique écrite le samedi 14 novembre 2015, au lendemain des attentats)

 
 

Face à l’amer….

enfant policier turcC’est la nuit. Une de ces douces nuits de fin d’été, où la chaleur se fait moins violente, moins suffocante, où la mer apporte cette  brise rafraîchissante, reposante qui aide à s’endormir,paisiblement…..

Je l’imagine chez lui, dans son lit, peut être auprès d’une compagne, ses enfants dormant dans une pièce voisine…..

Je l’imagine serein, heureux, malgré son métier de militaire, ou policier, ou secouriste…. Il en a tellement vu, il connaît tellement de choses de la nature humaine…

Il a dîné paisiblement, il a regardé ses enfants jouer, discuté avec sa compagne, s’est couché….

Il a trouvé le sommeil, facilement, aidé par cette douce moiteur, par cet air marin……

Il y a eu ces cris, lointains, difficilement repérables, identifiables, presque inaudibles….. Il ne les a pas entendus, il dormait. On est venu le chercher, le réveiller…

Alors avec les autres, il a mis cet uniforme, symbole de la civilisation, garant de la paix, et il est parti….

Alors avec les autres, il est arrivé, vite, très vite…. Trop tard…. Sur cette plage….

Ils en ont recueillis quelques-uns, trempés, transis, terrorisés, les yeux hagards, en train de chercher, de pleurer, même pas soulagés d’être arrivés….. Ils se sont tournés, le jour s’est levé, ils ont compris….

Là, sur ce sable humide, froid, ces débris, ces corps éparpillés…. Il en a déjà vu, il en a vu trop, il en a vu souvent. Là, sur ce sable humide, froid, ces petits corps, ces deux enfants…. Petits, si petits, trop petits…..

Il est là, à côté du plus petit, lui qui est grand, si grand, dans son bel uniforme, symbole de la civilisation…. Il ne peut bouger, il ne peut parler, il se sent seul, si seul. Impuissant…. Triste, terriblement triste, devant ce si petit corps. Il se baisse, et avec ses immenses bras, ses immenses mains, il prend cet enfant, l’entoure, comme s’il dormait, espérant un réveil, un sourire, un rire…..

Il se tourne, lentement, doucement, pour ne pas bousculer cet ange, et d’un pas lourd, si lourd, l’emporte, sans un brancard, sans un linceul, comme pour donner un dernier instant de vie à cet enfant….

Ce souffle ne reviendra pas, ne reviendra plus…. Il le sait, il baisse les yeux… Il imagine, il espère, mais ne sait que faire.

Ce soir il rentrera, chez lui. Il retrouvera sa femme, ses enfants. Il dînera avec eux, jouera avec eux, un peu plus tard, un peu plus attentif, un peu plus près…. Puis il embrassera leur mère, un peu plus tendrement, un peu plus près…

Il se couchera…..

Il va mal dormir, il le sait…. Les premières nuits seront difficiles, il le sait…..

Puis, peu à peu, la vie reprendra son cours…

Lui, acteur involontaire de ce cliché, retombera dans l’anonymat….

La photo de cet enfant si petit et de cet homme si grand restera comme un symbole, impuissance de l’individu seul face à cette barbarie. Vite, bien vite, trop vite, on ne saura plus de quoi, on ne saura plus pourquoi….

Il n’y aura plus de Tweet, de FaceBook, de premières pages….. 

Alors d’autres arriveront, mais la dramaturgie sera passée, terminée…. On s’habitue à tout, n’est-ce pas ?

Alors, certains regarderont le ciel, les étoiles, et imagineront que celle qui brille un peu plus tire son éclat du sourire de ces deux enfants partis si tôt, dans une belle nuit de fin d’été, dans une douce brise rafraîchissante, reposante….

 

A tchao…..?

Embouteillage, jour de canicule…..PPD

Un sujet, un seul, unique, sur l’ensemble des radios… Affaire d’état, liberté, liberté chérie, on te bouscule, on te maltraite, je viens te sauver ! Les Guignols de l’Info vont peut-être disparaître de la grille de rentrée….

Facebook, Twitter, interviews et déclarations de nos politiques, de nos artistes…. Mobilisation générale, rentrons en résistance, il faut sauver le soldat PPD….. L’esprit Charlie n’est pas mort, il perdure, nous sommes là, tous là, main dans la main à défendre ce symbole, cette statue de la liberté, ce statut libertaire….. Il y a urgence…..

Chouette, enfin un combat noble, éthique, indispensable !

Chouette, enfin des slogans, des groupes virtuels qui nous rassemblent !

Chouette, enfin je suis un combattant, un résistant…. 

Chouette, enfin j’existe…..

 

Théorie du complot… On y est…

Encore Sarkozy et ses potes pour ne plus parler de Bettencourt ?

Encore Hollande et ses sbires excédés de cette image de « grand tout mou » ?

Encore des coups de fil donnés par des cabinets noirs, par des donneurs d’ordre….

Quand Oliver Stone en fera un film, ils seront en contre-champ, visages masqués, on ne verra que leur main taper sur le clavier téléphonique et on les entendra simplement dire « stop »….

Mais n’oublierait-on pas une chose importante? Canal + est, que je sache, une chaîne privée, vivant de ses abonnements, de la publicité et autres recettes. Il y a donc des propriétaires, qui, en tant que tels, en tant que capitaines d’industrie, prennent des décisions, et qui ne touchent en rien au denier public…. Et vu la chute drastique et ininterrompue des audiences, le désamour apparent du public, n’est-ce pas là une décision qui s’entend sans en faire un combat superfétatoire….. Poser la question, n’est-ce pas y répondre ?

Par ailleurs (mais ce n’est là qu’un avis) je trouve d’une part que cette émission s’est essoufflée, a mal vieilli… Et pourtant elle m’a fait beaucoup, beaucoup rire… et réfléchir parfois… D’autre part, le manque d’objectivité de ces gens-là est devenu rédhibitoire, trop visible, trop lisible, pour se prétendre porte-parole, symbole, ou je ne sais quoi….

Oui les guignols ont marqué une époque, oui ils étaient salvateurs dans leur regard…. Oui, ils étaient novateurs…. Oui ils faisaient du bien…. Comme le Bébête Show, le Petit Rapporteur, ou les radios libres à une époque…. Le sont-ils encore?

Vous, hommes politiques, penseurs, bobos divers ou autres artistes, rappelez-vous que Canal est une entreprise privée… et que, au nom de la liberté d’entreprendre, aussi indispensable que la liberté d’expression, les retirer d’une programmation est tout à fait admissible sans rentrer dans cette posture de pseudo-résistant…..

Mesdames, Messieurs les offusqués, ne salissez pas ce mot de résistance, camouflés derrière vos postures, une coupe de champagne à la main, dédaignant ce bas peuple qui ne comprend rien et dont vous ne parlez que trop…. Allez mettre votre énergie et votre humanisme que je perçois si sincère, au service de causes réelles, fortes…. Il y en a tellement dans ce monde qui tourne moins bien, dans cette société blessée, touchée, dans cette République si souvent bousculée, maltraitée….

Mesdames, Messieurs les offusqués, fermez cette mire, et ouvrez les yeux, sans écran interposé, intercalé… Regardez autour de vous, je vous le promets, vous trouverez de nombreux motifs d’indignation, vous pourrez être utiles…

Vous ne serez plus des marionnettes….

Enfin, vous tirerez les fils…..

 
 
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