RSS

Assis dans ce canapé….

01 Nov

Il y presque un an jour pour jour, ce terrible vendredi 13 novembre, soir de Bataclan, de terrasses de bistrots, soir de weekend, ils sont arrivés,television dans leur folie, dans leur horreur….

Devant ma télévision, je découvre comme tous, de si loin, ces informations, ces suppositions, cet inimaginable…..

Comme tous je me connecte, je me renseigne, je cherche à savoir, à comprendre…..

Comme tous, je suis inquiet, j’ai froid, j’ai peur…

En plus dans cette horreur qui se dessine peu à peu, brouillard supposé de sang, d’images terribles, de témoignages, alors qu’on ne sait rien, ce chiffre, si terrible, qui grandit, grandit, grandit……

En plus de cette horreur, les premières insanités se font jour sur Internet, les premières injures, les premières insultes….

Mal, si mal, je n’ai pu m’empêcher de répondre, à ma façon, à ces insultes par ce petit mot que je viens de retrouver, par hasard, presque un an plus tard. Alors je vous le livre, tel qu’il a été écrit, sans correction, sans être retravaillé, photographie d’une âme en peine, image d’un homme en colère….

« Assis dans mon canapé, loin de cette horreur, je regarde, j’écoute…. les chiffres tombent, de plus en plus grands, de plus en plus terribles….

Puis des informations se succèdent, se rajoutent, se complètent….. Tristesse, colère…..

Assis dans mon canapé, si loin, trop loin….. Si j’avais été là-bas, qu’aurai-je fait? Aurai-je été utile? À qui? Pour qui?

Assis dans ce canapé, bien loin, très loin…. Je lis les informations, j’écoute, je vois défiler les réactions des uns, des autres…

Horreur, tristesse, colère…..

Quelles que soient nos colères et nos peines, quelles que soient nos idées et nos pensées, quels que soient nos couleurs ou nos dieux, c’est le moment où jamais de rester unis, décents, dignes, forts…. Il le faut….

Demain il sera temps de critiquer, de revendiquer, du « on vous l’avait dit », du « c’est la faute à….. »

Mais là, ce soir, de suite, on ne sait encore que peu de choses, et elles dépassent déjà tout ce que nous aurions imaginé, envisagé… Ca ne peut pas se passer ici, chez nous…
Pensons juste à ces mamans, ces épouses, ces parents, ces amis, qui essaient peut être désespérément de joindre un fils, une fille, un amoureux, un ami….. Qui attendent, qui tremblent, qui espèrent….

Ouvrons une parenthèse de solidarité, d’empathie, pour un instant, pour un moment….

Assis dans ce canapé, nous ne sommes pas à plaindre ce soir…. Ne soyons pas à blâmer… ».

Postscriptum :    12%20dali%20premonicion%20de%20la%20guerra%20civil%2046gg

Un an plus tard, d’autres horreurs, aussi terribles, aussi marquantes… Il ne peut y avoir de classifications, de comparaisons…. Il ne peut y avoir que notre peine, que notre colère….

Un an plus tard, tout est pire… Le regard sur l’autre a changé, s’est obscurci, s’est assombri….

Un an plus tard, nous allons mal, si mal… Nous ne voyons plus le soleil de la même façon, nous n’écoutons plus l’autre, nous avons changé, tellement changé, oubliant nos promesses de solidarité, d’amour, d’humanitude…. Nous avons peur de l’autre, de nous, de ce que nous risquons de devenir….

Le « No pasaran » civilisationnel, anti barbare,  ces belles paroles, ces « je suis…. » ces « nos frères » se sont effacés…

Ne soyons pas habitués… Jamais….

Tableau de Salvador Dali, représentant un corps qui se

déchire de l’intérieur, comme un pays qui souffre

en son propre sein….

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 1 novembre 2016 dans Accueil, Chroniques citoyennes...

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :